Dans l’introduction de son Kamusi, Walter Heylen, p. b., écrit : « De jour en jour, augmente le nombre des Africains et de non Africains qui désirent étudier et parler correctement la langue swahili ». Il lance le pari que « le swahili est la langue de l’avenir ». Il reprend, à W. Whiteley, l’affirmation qu’à l’heure actuelle, le swahili est devenu la langue la plus importante des langues bantoues et qu’il est encore en progrès constant. Il s’appuie également sur le mot de Mgr Kajiga que le swahili est appelé à jouer un rôle de premier plan dans les rapports scientifiques, culturels et commerciaux, des peuples d’Afrique Centrale.
Il s’agit là de trois positions-choc.
A personne, l’espoir n’est interdit.
Non plus, il n’est insensé de revoir notre rêve à la hausse.
Cependant, il y a peut-être loin de la coupe aux lèvres, pour le swahili.
Rien ne va de soi : sans un coup de pouce, rien ne sera cuit, pour lui, avant longtemps.
En effet, la tentative infructueuse d’en faire un support de l’enseignement des sciences, notamment en Tanzanie, est l’indication majeure que ses chances de développement ne résident pas dans l’option baroque de créolisation par anglicisation et par arabisation mais bien dans l’éclairage rationnel et dru des éléments de sa base bantoue, qui en accentuent le caractère analogique et d’algèbre symbolique, renforçant sa capacité descriptive et faisant que ses mots soient auto-définis et donc d’appréhension aussi immédiate que celle des nombres.
L’option baroque mène à l’impasse car au bout de la recherche précipitée de la facilité, trône, superbement, la médiocrité : le droit d’inventaire est, à cet égard, indéniable.
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